Archéologie d’une maison qu’est pas la mienne (1)

les bruits de pas que l’on entendait hier
(…)
ne son­nent plus que dans le sou­venir” (Man­di­ar­gues)

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tu regar­dais les herbes pouss­er
par la fenêtre triste

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Chez­nous
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Mai­son
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com­ment c’était ici ? vous avez tou­jours vécu là ?

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Ce ne sont pas des strates — l’une sur l’autre (empilée-boue, empilée-cen­dre) — mais des plans mémoriels, des matières et des formes qui se sont écoulées les unes dans les autres.

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on allumait la télévi­sion en enfonçant une grosse pince dans le fond

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les notes de piano en ivoire
mal accordé

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méfie-toi de tes sou­venirs comme d’une mon­tre arrêtée” (Schehadé)

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ça c’était le fau­teuil de mon grand-père
ça c’était le cof­fre du deux­ième

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vous enlevez tou­jours vos chaus­sures pour marcher dans les maisons ?

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Meubles, chais­es, tapis­series, tableaux : com­ment coex­is­tons-nous avec ce que nous ramas­sons, avec ce que nous avons accu­mulé, com­ment passe-t-on de l’agrégation, du com­pos­ite, à la mai­son ?

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beurre de cac­ahuète
con­fi­ture de beurre salé
tomates-ceris­es, pâtes, céréales
hum­mus

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c’était le bureau où on dort main­tenant

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si je regarde bien sur les meubles, je ver­rai des grif­fures vieilles de 20 ans

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feuilles rouges sur le sol
livres aban­don­nés
une fausse note arrête le mou­ve­ment

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En févri­er, les cerfs affamés sor­tent des bois

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Gabrielle Roy
Mar­guerite Duras
Guides de voy­age
Kipling
Frédéric Mis­tral
Recettes de Noël d’Alsace

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Ceux qui nais­sent appa­rais­sent par endroits, dans le coin d’une table près d’une lampe, puis le dis­cours de leur fil­i­a­tion s’organise matérielle­ment sur un mur de l’entrée (“ce sont nos petits-enfants”, “ce sont mes neveux et mes nièces”).

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c’est devenu trop grand main­tenant
qui pel­lètera la neige pen­dant l’hiver
qui s’occupera du jardin
qui enten­dra les pin­sons, les geais-bleus et les rainettes du soir ?

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je passe à côté de la mai­son
Mais ce n’est pas l’amour des maisons qui occupe mon cœur :
c’est l’amour de ceux qui y sont passés” (Ibn Ara­bi)