Portraits de rythmes (0) : quand trouvons-nous notre rythme ? (notes)

Le rythme est notre réponse au monde. Face à l’inconnu, à l’incertain, face au devenir, nous inven­tons des pris­es — con­cepts pour penser, cal­en­dri­ers pour se sou­venir, etc. -, avant que d’autres problèmes1Guillaume Gar­reta, “Sit­u­a­tion et objec­tiv­ité. Activ­ité et émer­gence des objets dans le prag­ma­tisme de Dewey et Mead” dans Michel de For­nel et Louis Quéré (dir.), La logique des sit­u­a­tions, Edi­tions de l’EHESS, 1999, p. 35–68.ne nous imposent d’agir.

Le rythme est un mou­ve­ment d’oscillation. Entre répéti­tion et renou­veau, il ouvre un espace où les gestes, les formes et les matéri­aux s’indéterminent mutuelle­ment.

Ain­si l’obversation du rythme donne accès à la genèse des formes (un panier se fab­rique ryth­mique­ment : gestes maîtrisés-matière résis­tante)

La rou­tine “existe pour céder”2Leroi-gourhan, Evo­lu­tion et tech­niques, t. II, Milieux et tech­niques, Paris, Albin Michel : elle est l’assiette sur laque­lle repose l’inventité.

Est sat­is­fait tout vivant en rythme, entré en cor­re­spon­dance avec le monde3Tim Ingold, Faire, Edi­tions Dehors, 2017 ; Mar­cel Jousse, Anthro­polo­gie du geste, 1969., après avoir trou­vé son point d’équilibre dans le flux des forces et des matéri­aux.

(ou “aller à son rythme”)

Notes   [ + ]

1. Guillaume Gar­reta, “Sit­u­a­tion et objec­tiv­ité. Activ­ité et émer­gence des objets dans le prag­ma­tisme de Dewey et Mead” dans Michel de For­nel et Louis Quéré (dir.), La logique des sit­u­a­tions, Edi­tions de l’EHESS, 1999, p. 35–68.
2. Leroi-gourhan, Evo­lu­tion et tech­niques, t. II, Milieux et tech­niques, Paris, Albin Michel
3. Tim Ingold, Faire, Edi­tions Dehors, 2017 ; Mar­cel Jousse, Anthro­polo­gie du geste, 1969.