Portraits du Québec : “C’est pas qu’une boulangerie ici, c’est un endroit où on vient causer aussi !”

Elle occupe l’espace comme “[s]on chéri” pétri la pâte : de tout son corps avec l’excitation heureuse d’une éter­nelle ado (“On va se remari­er à Las Vegas, pas vrai les filles ?”). Femme-orchestre, tout-ter­rain : elle peut tenir une con­ver­sa­tion (“Ah ouais de Mar­seille et Paris…c’est sûr ça doit vous chang­er !”) et sig­ni­fi­er à un client…

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Portraits du Québec : “Ils sont fous ces québécois je te jure !”

Plutôt la cinquan­­taine-soix­an­­taine que 40 (“Vous m’en don­nez com­bi­en pour voir ?”). L’oeil dans chaque coin remon­té de lunettes tombantes, cheveux élec­triques (blancs/argentés par endroits) des matins de réveil, gérante d’un lavoir à Québec. Sa vie, c’est ce lavoir. À côté-col­lée elle vit, avec une petite trape pour sur­veiller les entrées-venues. À la fois mater­nelle (“cou­vre-toi, toi !”),…

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Portraits du Québec : “Ici on sait s’enthousiasmer pour de petites choses…”

À la base, c’était juste pour vis­iter un appart’ puis café et dis­cus­sions. Le vis­age de Car­ole est plein de son sourire et de sa bon­té, dont elle a fait un art de vivre et une esthé­tique. Son apparte­ment est son ate­lier : comme dans la serre d’un botaniste, on y trou­ve des toiles-plantes, des por­­traits-fleurs,…

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Portraits de situations : se rater de peu

Nous avons, par politesse, chargé le hasard de nous recrois­er. Pour­tant, lorsque je me suis retourné par hasard, alors qu’il par­tait retrou­ver un autre client, je l’ai vu, déjà prêt, me saluer longue­ment en souri­ant, comme s’il attendait sans le réclamer un dernier signe. Nous avons sans doute man­qué d’inventivité pour sor­tir du cadre social…

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Portraits de taxis : “Je pourrais j’habiterais seul dans le désert avec ma femme et ma fille; on aurait notre petit potager tranquille, notre petite vie.”

À la base opti­cien sans diplôme à l’époque quand ça se fai­sait ; main­tenant chauf­feur. Qu’un an et c’est dur là : c’est rentable, même si la licence est chère (240 000 euros), mais tou­jours galère au début tu vois. Les sociétés privées qui font l’aller-retour aéro­­port-ville, ça les tue : gagne ton pain en moins.…

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