Ici on sait s’enthousiasmer pour de petites choses…”

À la base, c’était juste pour vis­iter un appart’ puis café et dis­cus­sions. Le vis­age de Car­ole est plein de son sourire et de sa bon­té, dont elle a fait un art de vivre et une esthé­tique. Son apparte­ment est son ate­lier : com­me dans la ser­re d’un botanis­te, on y trou­ve des toiles-plantes, des por­traits-fleurs, des espèces rares aus­si, expéri­men­tales (“ça change des fruits arti­fi­ciels !”).

2_enfantdusud_72_papier_caroleroy
© Étale­ment Humain – Enfant du Sud de Car­ole Roy (2009)

7 années qu’elle est à Québec, la ville : ça fait drôle sans son fils par­ti à Mon­tréal. C’est sûr qu’ici les gens sont moins ouverts mais une fois la con­fi­ance gag­née les portes s’ouvrent. Ils sont plus gen­tils aus­si : on sait s’enthousiasmer pour de petites choses même si ça paraît niaiseux (“Autour de toi, regarde, c’est plein de lig­nes et de points !”).

1_enfantdusud_72_papier_aveccadretuyau_caroleroy
© Étale­ment Humain – Enfant du Sud de Car­ole Roy (2009)

Elle dessine, peint, fait de la car­togra­phie et don­ne des cours. Dans le dess­in, y’a pas d’intentions : juste des effets. Un dess­in ou une pein­ture ne dis­ent rien : tu dessi­nes, c’est tout et c’est déjà beau­coup. Ça peut inter­roger c’est nor­mal même si c’est par­fois indéli­cat (“Mais com­ment elle paie son loy­er ?”) ; ça frag­ilise aus­si, faut pas se men­tir : l’énergie mise dans les petits boulots, tu la mets pas à pein­dre et à dessin­er, à trou­ver tes pro­pres repères dans ce mon­de. Des hauts et des bats, mais pas le choix de con­tin­uer. Juste aller à son ryth­me : les autres finiront bien par suiv­re.

Laisser un commentaire