Tout est écrit, c’est Mektub”

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De ces hommes fatigués par leur âge (ses mains trem­blaient sur le volant). C’est déjà trop tard pour lui, le seul intérêt à con­tin­uer c’est pour les enfants.

Sa fem­me tra­vaille à la maison, com­me typographe pour des jour­naux maro­cains : elle fait des colon­nes, ou quelque chose com­me ça. C’est un débrouil­lard : après quelques métiers en Ara­bie Saou­dite, il a fini chauf­feur de taxi ici. Au Maroc il n’y a rien que des jeunes sans tra­vail.

Tout est écrit :  l’Arabie Saou­dite, son licen­ciement, ses enfants, le Québec, le taxi, notre ren­con­tre même. Son calme, il le tient de son accep­ta­tion en un ordre immuable dans lequel il sem­ble avoir trou­vé sa place.

J’ai eu de la peine en voy­ant sa main une nou­velle fois trem­bler, quand il m’a ren­du ma carte de crédit. Mais il a souri des yeux, com­me pour me ras­sur­er.

Sous le soleil vio­let du temps passé
Dans le voy­age des feuilles mortes
Il était une fois un jardin sans fleurs

Per­son­ne n’y venait
Ni l’écho ni les âmes

À part quelques chas­seurs fatigués par leur âge
Qui tra­ver­saient par là

(Schehadé, Les Poésies)

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