Non non, ne vous en faites pas, je vais rien vous demander !”

À Ménil­montant, au Mac­Do. On s’y retrou­ve presque tous les jours. Moi, pour écrire et ter­min­er ma thèse (un coca et tran­quille pour la mat­inée) ; elle, pour socialis­er.

Elle s’annonce tou­jours de la même façon, en antic­i­pant les refus (“Non, ne vous en faites pas, je vais pas vous embêter, je vais rien vous deman­der !”). Et elle finit tou­jours par une deman­de (“Vous n’avez pas un télé­phone pour moi ? Pensez à moi la prochaine fois…”). Une ten­sion qui doit être un com­pro­mis entre ses désirs (obtenir une pièce “pour le repas du soir”) et des inter­dic­tions famil­iales (“N’embête pas les gens, ne deman­de rien !”). Cather­ine (une aide-soignan­te) s’occupe en effet d’elle, mais la dernière fois elle me par­lait de sa fille (“Elle va pas être con­tente si elle sait”)…

Elle est tou­jours en alerte, ailleurs, le corps ten­du, le regard inqui­et et tourné vers la vit­re, com­me si elle s’attendait à être retrou­vée par des garants dont elle aurait trompé la vig­i­lance plus tôt. Des sig­nes, qu’elle est la seule à percevoir (“j’arrive”), lui com­man­dent rapi­de­ment de se lev­er et de sor­tir du Mac­do (pas plus de 30 sec­on­des à ma table), qu’elle retrou­ve quelques min­utes plus tard pour répéter les mêmes ques­tions.

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