Portrait de phrases : “On a bien fait de partir avant l’été, tu crois pas ?”

(À K.)

On aimait bien se le répéter dans la journée : qu’on avait bien fait de partir en mai, que les rues étaient désertes-à-nous, qu’il faisait moins chaud, que les prix, décidément, étaient abordables.

Cordoue

Nous nous assurons ainsi l’un l’autre de notre attachement mutuel, en nous caressant de petites formules magiques, qui doivent nous préserver de l’horizon incertain de notre mort. Car ces phrases ont quelque chose des monuments, auxquels nous pensons arracher un peu de leur immortalité : d’autres les ont prononcées et d’autres les prononceront encore ; elles passeront sans nous mais seront passées par nous.