Portrait de phrases : “On a bien fait de partir avant l’été, tu crois pas ?”

(Cor­doue, 2015)

On aimait bien se le répéter dans la journée : qu’on avait bien fait de par­tir en mai, que les rues étaient désertes-à-nous, qu’il fai­sait moins chaud, que les prix — décidé­ment -étaient abor­d­ables.

Cordoue

Nous nous assu­ri­ons l’un l’autre de notre attache­ment mutuel, en nous cares­sant de petites for­mules mag­iques, qui devaient nous préserv­er de l’horizon incer­tain de notre mort. Car ces phras­es ont quelque chose des mon­u­ments, aux­quels nous pen­sions arracher un peu-si peu de leur immor­tal­ité : d’autres les ont pronon­cées et d’autres les pronon­ceront encore ; elles passeront sans nous mais seront passées par nous.