Fille de l’olivier

Maman, 25 ans

fille de l’olivier
les tau­pes t’ont ravie
aux mon­tagnes
empier­ré ton image
au matin
dans une tasse

sou­viens-toi
de la terre fidèle
à tes mains
du thym du pin
des guêpes
des figues écrasées

sou­viens-toi
des après-midis
sans pain
de ta mère qui dor­mait
sur un sol tiède l’été

Là où tu es
c’est ton sen­tier
moitié hêtres moitié chênes
tu règn­eras un jour sur le monde
pau­vre et muet
où s’alourdissent les pier­res
où les cigales se changent en cri­quets