Le bureau de Louise Merzeau #tabledetravail

À l’époque (2012–2013), je col­lec­tais des pho­togra­phies de tables de tra­vail : on m’en envoy­ait sur Twit­ter (ancien compte) et je les rassem­blais sur Pin­ter­est. Amusée, tou­jours par­tan­te, Louise Merzeau s’était prêtée au jeu.

Sur la pre­mière pho­to (ci-dessous), elle aver­tis­sait dans son tweet : “mon chat paraît roux, mais il est gris…”. L’inclinaison de la lam­pe et l’absence de doc­u­ments à l’écran indiquent qu’elle reli­sait sans doute des notes man­u­scrites. Ou peut-être qu’elle regar­dait des images sur sa tablet­te. Ou peut-être qu’elle s’était arrêtée un temps d’écrire sur Twit­ter pour saisir ce moment, après avoir caressé son chat. Les pho­togra­phies, com­me les traces, met­tent en sit­u­a­tion d’enquête ; elles font rêver. Un mou­ve­ment secret les ani­me.

Dans cette deux­ième pho­togra­phie (ci-dessous) : “Ma “table de travail”…en vacances”. Les guillemets anticipent l’étonnement éventuel du spec­ta­teur, pointent le car­ac­tère inhab­ituel de la forme pro­posée, qui ne per­met pas a pri­ori d’identifier instan­ta­né­ment une sit­u­a­tion de tra­vail — man­que de typ­i­fi­ca­tion, de sig­nes stéréo­typés (le bureau, le livre). Le com­men­taire ramène l’image et son inter­pré­ta­tion dans l’ordre du con­nu, des airs de famille ; il les nor­malise, les rend lis­i­bles sociale­ment : c’est bien une table de tra­vail, même si ça n’y ressem­ble pas. 

Tou­jours veil­lée par son chat (bien gris !), fidèle com­pagnon, elle regar­dait sur son écran la table d’un autre chercheur, qui m’avait à son tour envoyé une image sur Twit­ter.

Avec ce hash­tag (#tablede­tra­vail), quelque chose com­mençait à émerg­er, de l’ordre d’une socia­bil­ité matérielle et sen­si­ble. En hom­mage, je pro­pose aujourd’hui de le réac­tiver, pour que @lmerzeau con­tin­ue de regarder.